11 novembre 2014

Kinship: vos avis (màj : 3 nouvelles critiques)

Une trop courte vidéo sur ce que pensent les spectateurs à la sortie de la pièce.
C'était pour la 1ère qui a eu lieu Mardi 4 novembre .












Avis d'un fan, celui de Loïc :

Alors oui c'était un grand bonheur de la retrouver sur scène, de la voir si près, d'entendre son incroyable voix, de la trouver belle, toujours et malgré tout. Mais cependant je ne partage pas le même enthousiasme que d'autres sur la pièce que j'ai trouvé relativement insipide, la mise en scène en toutes petites séquences générant trop de pauses, on regarde de fait le tout comme une succession de tableaux où le rythme manque. Je n'ai pas réussi à croire à cette idylle naissante et soudain déjà supposément débordante : le jeu d'Adjani est juste et précis mais les dialogues plats interdisent tout élan, et dans le fond je n'ai jamais pu m'interdire de penser qu'elle était tellement dans la technique et le contrôle (des plis de ses vêtements qu'elle réajuste, de bon angle de la lumière qu'elle cherche, de la proximité physique avec son amant et j'en passe), que l'émotion -pour moi- était, c'est un comble, absente, sauf pour une scène dont je parlerai plus tard. Niels Schneider très bien et plein d'énergie fait jeune premier que l'on s'attend plutôt à rencontrer dans une pièce de Musset et Vittoria Scognamiglio qui remplace (bien) Carmen Maura apporte dans le rôle de cette mère folle de son fils la petite touche de réalisme et de légèreté qui aurait manquée sinon. Très très beau moment cependant -et très touchant, les larmes aux yeux- que la dernière grande tirade d'Isabelle, mais on l'écoute alors plus pour ce que ces mots disent sur elle et le miroir que cette pièce lui tend, que comme le dénouement de la pièce. (Je ne dirai rien de cette grande photo d'elle projetée en fond de scène...). Mention spéciale pour la musique qui m'a accompagnée sur mon chemin retour. Voilà... comme un goût de rendez-vous manqué, mais l'envie soudaine de relire Phèdre et de se rappeler sa voix.


Photo Djilali

Avis de Marc + 3 photos de sa part (merci ;-)

"Après les péripéties qui ont émaillé les répétitions, je craignais une cata. Mais grâce au talent des trois interprètes, on passe plutôt un bon moment. L'argument de la pièce n'est pas très marquant, la mise en scène est dépouillée et les scènes se succèdent rapidement, entrecoupées d'un noir pour changer les quelques éléments du décor, complété par quelques projections. Le rythme s'en trouve un peu trop haché dans les scènes initiales. Le jeu d'Adjani se bonifie au fil de la pièce, pas complètement libérée au début de la pièce, elle est à son meilleur dans les scènes d'émotion. Et lors des rappels, son émotion devant les applaudissements plutôt chaleureux de la salle semblait sincère. Mais au final on ne peut s'empêcher de penser qu'on aimerait la revoir dans une pièce puissante, dans laquelle elle conjuguerait son art à celui d'un grand metteur en scène !"



Merci à Liago pour le lien avec Marc


Critique de Liago + 7 photos ^^


J'en sors juste. Ce qui est difficile pour moi quand je vois Isabelle c'est que j'attends de l'exceptionnel. Sa voix lui permet souvent d'atteindre l'exceptionnel. Car liée à l'intelligence de la vie et à la réflexion qu'elle lui a obligée de développer Isabelle arrive à nous captiver. Les premières scènes nous détendent car tout se met en place pour un développement qu'on espère riche. Mais si la pièce réussit étonnamment dans un registre qui frôle le boulevard elle a peine à sonder la profondeur de ses ambitions. Car si quelques questions sont posées il ne me semble pas que cela soit les bonnes. En tout cas pas les plus intéressantes. On attend en parallèle avec Phèdre que les monologues d'Adjani parlent de sa souffrance, de sa culpabilité, de sa fragilité face à l'injustice du temps qui passe. Et avec lui la grâce de se perdre dans le sentiment amoureux qui laisse place au ridicule et à la peur. Adjani joue très bien. Mais pour quoi ? Pas pour un texte digne de son talent. Elle joue pourtant toutes les nuances de son jeu. Tout comme les deux autres acteurs parfaits de justesse et de rythme. De plus j'ai trouvé la mise en scène épurée et les visuels très beaux car simples et efficaces. De même la musique est entêtante. Maintenant il est très courageux de créer cette pièce pour la première fois et de se livrer physiquement aussi frontalement dans un univers contemporain épuré. Et à moi de penser qu'il faudrait qu'Adjani enchaîne vite avec une autre pièce. Car si elle jouait plus on attendrait moins d'elle. Et tout serait plus léger. Et tout serait plus normal. Mais rien n'est normal avec Adjani. Et c'est aussi pour ça que je l'aime. Et que j'y retourne demain...







 
Critique du p'tit quimpérois
 
J'y étais samedi soir et j'ai beaucoup aimé cette piece
Qui permet à Adjani de jouer un texte contemporain.
Isabelle est merveilleuse de fraîcheur et de justesse.Tout le potentiel est là pour un Phèdre de notre époque mais il eût fallu plus de temps sans doute pour développer cette intensité que l'on sent vibrer dans la voix d'Isabelle et de Niels Schneider, excellent (et que j'ai d'ailleurs félicité dans une brasserie après la pièce !) tout comme Vittoria Scognamiglio très drôle.
Le parallèle avec Phèdre et la vie d' Adjani par le biais de sa voix off ou des images est très bien vu ainsi que la photo finale qui résume toute vie , tout destin célèbre ou non mais je vous laisse le découvrir.
Pour tout cela,ces grands acteurs, cette création reste
un grand moment de theatre qu'il ne faut pas manquer.
Pour ma part,j'ai retrouvé ce soir-là la magie Adjani que malgré les années je ne m'explique toujours pas
mais qui nous captive comme le papillon de nuit la lumière .
 
 
 Critique de Manu
 
Comment commencer , j'ai vu la piece le 12 novembre , j'y allais un peu soucieux car on ne sent pas une energie debordante autour de ce projet.me voila ds le grand hall du theatre avec peu de monde, pas d'affiche a l'interieur alors qu'il y a des affiches d'anciens spectacle.....pour finir le parterre etait plein et la moitié du premier balcon ....moyen moyen mais pas catastrophique.pas de programme comme si la producion voulait limiter les degat...impression personnelle....
Mon impression sur la piece est sans appel , je trouve les acteurs isabelle tres bonne , la mere tres amusante mais partition plus facile à jouer et le garçon que j'avais aimé dans les amours imaginaires m' a paru bien froid , agreable à regarder mais pas chaud les braises, et c'est embêtant pour la verité de la piece.
J'ai trouvé le texte nuL ,sans  intérêt  , cette histoire de curé dans la cripte ......vraiment ....qu'est ce qu'on s'en fout....si bien que je n'ecoutais plus...je me demande comment une actrice si grande ,si intelligente en interview, peut elle choisir cette chose....si indigeste, je ne sais pas si c'est un signe de tant d'intelligence, en tout cas je pense qu'isabelle est tres mal entourée ou pas entourée du tout.....je pense meme que cela traduit une grande solitude, mais bon ..... Je serais mechant pour le théâtre amateur en disant que la mise en scene fait amateur, elle est inexistante,il y a fort longtemps que l'on change les decors d'une piece avec les acteurs sur scene et ça nous ferait gagner du temps !!
Les images qui sont projetées derriere sont assez jolies ,l'image de la fin nous montre que le sujet de la piece est isabelle et non le contraire . C'est ça le probleme il y a longtemps qu'isabelle ne participe plus à aucune aventure artistique, une actrice sublime comme elle devrait etre une formidable passeuse d'émotions et pas une oeuvre en soit, en tout cas ça ne marche pas !!! Et depuis longtemps!!! C'est bien triste qu'elle ne comprenne pas ça.....pour finir je trouve qu'isabelle est plus belle que sur les magazines ,beaucoup plus naturelle ...mais pour moi De FORCE et cette piece ,meme combat! Erreur totale.
Cette histoire m'a couté 145euros pour deux, entre parenthese la personne avec moi a trouvé la piece conternante et à la sortie les gens etaient dans un silence absolu ,debité... Et le peu de commentaires entendu etait.....
Aujourd'hui il y a meme un site qui donne une place achetée une place offerte... Et je pense qu'a partir du19 avec les critiques ça va saigner...
Je suis tres triste de tout ça ....dans la piece ,il y a une replique ,juste une ou isabelle s'enerve , et là on entrevoit tout le talent, le potentiel et tout les abimes dans lequel son talent pourrait nous entrainer.... C'est bien triste.

Critique d'Ann

J'étais au Théâtre de Paris samedi après-midi (le 8 novembre). Impatiente à l'idée de voir Isabelle Adjani dans un rôle contemporain, après l'avoir vue en 2006 et en 2000 (j'avais gardé un souvenir exceptionnel de ces deux représentations).
Je suis sortie du théâtre moins enthousiaste que pour les deux dernières pièces.
Le décor assez minimaliste correspondait parfaitement à la pièce mais comme d'autres personnes l'ont précisé, les changements de décor incessants étaient très désagréables et m'ont empêchée d'y adhérer entièrement.
L'interprétation d'Isabelle (dans les premières scènes) ne m'a bizarrement et malheureusement pas entièrement convaincue. Par contre je l'ai retrouvée dans la deuxième partie (au moment des hésitations, du doute, de la remise en question....).Isabelle Adjani reste Isabelle Adjani et est toujours une actrice exceptionnelle que je suivrai toujours dans ses futures rôles (en espérant qu'ils soient nombreux...). J'ai été enchantée par l'interprétation de Niels Schneider et de Vittoria Scognamiglio. J'espère que la presse ne sera pas trop dure à l'égard de notre comédienne préférée. Avoir été écarté des premières représentations ne poussera-t-il pas les journalistes à être intraitables quitte à devenir même injuste ?


Critique de David

Belle analyse de Loic où je me reconnais aussi. Une belle pièce à ne pas manquer surtout si on est fan, parce que c'est rare quand même :) Un vrai plaisir de la voir, à l'aise et dans la joie de jouer. Une pièce qui va sans doute aussi se bonifier au fur et à mesure des représentations parce que très épurée et pleine de subtilité. Succession de tableaux en binôme (ils sont 3) qui offre des touches complémentaires et quelques ellipses temporelles qui éloigne certains aspects de passion amoureuse pour se centrer sur le mystère de l'amour (pourquoi moi ? lui ? maintenant ?). Un texte contemporain agréable et crédible, qui manque peut-être d'un peu de souffle. Les 3 acteurs se mêlent très bien. Une première donc pleine de promesses !

23 commentaires:

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

allons, allons. Pourquoi attendre l'ascension de roches sommitales? Elle est parfaite. La pièce est simple? Oui et tant mieux. La Reine règne de nouveau sur Paris.

Anonyme a dit…

NB: les places sont à moitié prix sur Vente-privee.com (propriétaire du Théâtre de Paris)

Critique du Parisien:

"THÉÂTRE DE PARIS, MARDI SOIR Rien n’est habituel avec Isabelle Adjani : après avoir repoussé son retour sur scène de trois semaines, changé de metteur en scène et de partenaire féminine, la star bénéficiait d’un gorille chargé de tenir les journalistes à l’écart du Théâtre de Paris, pour la première de « Kinship ». L’actrice, absente des planches depuis huit ans, n’a pas à rougir de sa prestation dans cette pièce, écrite par une auteur inconnue, Carey Perloff, et dont le titre signifie « affinités ». Dans un décor minimaliste, elle incarne avec justesse la rédactrice en chef d’un journal, qui tombe amoureuse d’un jeune et beau reporter — Niels Schneider, impeccable. Sa conquête se trouve être le fils de sa meilleure amie, jouée par une épatante Vittoria Scognamiglio, qui reprend au pied levé le rôle prévu pour Carmen Maura.

Un manque d’émotion
Isabelle Adjani retombe en adolescence, garde dans son sac les objets effleurés par son chéri, lui demande s’il la trouve vieille. Niels Schneider lui baise les pieds, la renverse sur un bureau, avant de la repousser. Jalousie, vengeance. Cela ne va pas bien plus loin. Le texte de Carey Perloff est parfois drôle — « J’adore tes orteils ! - Et moi, tes cils ! » — mais le plus souvent plat et creux. Le parallèle avec « Phèdre », dont les répliques retentissent en off, est maladroit. A la sortie, les premiers spectateurs saluent l’intensité des comédiens, mais déplorent le manque d’émotion de la pièce. Comme une cougar privée de ses griffes."

TAZ

Anonyme a dit…
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miago a dit…
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Anonyme a dit…

J'ai vu la pièce le dimanche après midi du 9 novembre
j'ai été je l'avoue très déroutée par le découpage de la pièce en séquences avec entre elles des temps morts où la salle redevenait sombre pendant que l'on changeait "les décors" cela donnait un coté assez amateur
Sinon j'ai trouvé Vittoria Scognamiglio sensationnelle , très drôle ,elle apporte du rythme et de l'humour à une pièce assez fade à mon gout.On n'a vraiment pas perdu au change après le départ de Carmen Maura(il y a même une grande ressemblance physique entre les 2 femmes) Le jeune Gilles Schneider est excellent lui aussi
Quant à Isabelle que dire?évidemment je me faisais une joie de la revoir sur scène mais on ressent une sorte de malaise quand certaines répliques rejoignent la réalité et ce portrait géant amputé d'une partie du visage où ne subsiste qu'un regard ...je ne sais pas si un rôle contemporain est ce qu'il lui va le mieux ,en tout cas celui là
ah oui, au fait, on ne peut pas acheter le programme parce qu'il n'y en a pas!

Anonyme a dit…

http://www.cequiest.com/archive/2014/11/13/kinship-au-theatre-de-paris-vittoria-scognamiglio-isabelle-a-3021893.html
taz

Anonyme a dit…

En direct du théâtre de Paris. Un taxi s'arrête devant le théâtre à 14 h 18 une voiture claxonne nerveusement, Isabelle descend du taxi, je lui dis, bonjour Isabelle, elle répond bonjour, entre dans le hall, composé le code, et entre plus loin. Ici on vend l'Avant Scène, qui sert de programme. La suite plus tard. Lama Norbu

Manu2 a dit…
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Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

La pièce est finie, Isabelle a pris tout son temps pour des dédicaces et discuter, mon programme d'Avant. Scène reste un joli souvenir. Nous avons un "Kinship" ensemble. Il pleut et le suis assis au Café d'à côté en train de chercher la piste d'atterrissage. C'est beau les rêves éveillés qu'on poursuit gratuitement, comme ça, comme une exigence et en même temps sans raison. C'était mes adieux. Mais l'amour reste l'énergie inépuisable de cette planète. Isabelle est une fée qui marche en remontant la rue ce soir. Quelque part dans nos coeurs, quelque part dans nos vies, et dans cet espoir qui nous tient. Un grand merci à toute l'equipe artistique et aux personnes qui accueillent si gentiment dans ce théâtre de Paris. Lama Norbu

fredjani a dit…

Juste pour dire que je supprime les critiques en tant que commentaires pour les mettre dans le post ...
Si les anonymes pouvaient mettre un pseudo, cela permettrait de mettre leurs critiques également dans l'article ...
Merci à vous tous pour de prendre un peu de temps pour donner votre ressenti ...

Anonyme a dit…

vidéo http://www.scoopnest.fr/out/?url=http://t.co/V76iG3S0em&id=533740474033766400
taz

Anonyme a dit…

https://twitter.com/LasserreVincent/status/531482812139192320/photo/1

Blanc-Bougnat a dit…

Je n'ai pas aimé la pièce, je n'ai pas vraiment cru à cette histoire d'amour. Mais Isabelle Adjani m' a bluffé: son engagement , son talent, sa simplicité. Elle est une femme vraie. On voit la petite fille qu' elle était et qu' elle est encore. A la fois enfantine et hyper féminine, elle ne cherche en rien à être une autre. Elle nous atteint droit au cœur. Merveilleuse...

Anonyme a dit…

Merci à toutes les personnes qui prennent le temps de laisser un commentaire, une critique ; c'est très agréable d'avoir un aperçu de la pièce quand on ne peut pas s'y rendre. Cécile

Anonyme a dit…

Isabelle Adjani de retour sur scène dans "Kinship" : toujours géniale, elle m'avait manqué
Publié le 17-11-2014 à 20h42 - L'Obs
Par Bertrand D
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1279025-isabelle-adjani-de-retour-sur-scene-dans-kinship-toujours-geniale-elle-m-avait-manque.html

Maxime a dit…

Tome I
Après avoir gentiment sabordé sa carrière cinématographique notre Isabelle s’est rendu compte qu’elle avait aussi sabordé sa carrière théâtrale – Refuser Phèdre à Patrice Chéreau ! Il fallait être folle, amoureuse, ou folle amoureuse : Passons…- mais que celle-ci pouvait encore être sauvée. Elle a donc cherché une pièce qui puisse la satisfaire. Son ami le metteur en scène découragé a déniché cette pièce américaine inconnue dont je dois avouer que j’attendais le pire. J’étais resté en effet sur l’impression mitigée laissée par La dernière nuit pour Marie Stuart, pièce inconnue qui ressemblait à une caricature des spectacles allemands dont Arte nous gratifie parfois, où les thèmes tels que l’ambition, la frustration, les clivages sociaux, étaient bien peu ou mal traités, mais où le talent de la grande Adjani éclatait de mille facettes (elle y chantait, même, accompagnée d’un luth, et sur son timbre, bien porté, un vrai plaisir, bien loin des princesses au petit pull…) : à l’instar des « véhicules » hollywoodiens la mauvaise pièce se révélait être un bon trip narcissique. Avec Kinship on est bien sûr loin du texte de Racine : la composition de la pièce en petite saynètes du quotidien n’appelle pas les envolées lyriques. Ce dispositif était plutôt agaçant au début jusqu’à ce que je comprenne que les avancées narratives étaient dans les ellipses. L’histoire est donc celle d’une femme mûre et responsable qui s’éprend contre toute attente d’un jeune blanc-bec indécis qui ne sait pas encore très clairement s’il veut être écrivain, journaliste ou glandeur chez sa maman, et qui évidemment se détachera d’elle. Les scènes se succèdent à vive allure, ce qui évite l’ennui. Car cette histoire balisée et banale se suit sans déplaisir, avec même quelques rires (les scènes avec la truculente copine de l’une et mère de l’autre) et un peu d’émotion qui affleure dans les moments où l’on sent que ce pauvre amour est de toute façon condamné à brûler très vite. Je retiens ce joli moment où IA, avec délectation et timidité, déballe de son sac à main devant son amie divers objets que l’aimé a touchés, nous laissant pantois, partagés entre le grand rire et l’ahurissement. Hélas le fantôme de Phèdre est bien trop fort et dessert la pièce en passant trop souvent ! Littéralement : une créature en costume barbare arpente de temps à autre le fond de la scène où y salue quand le fils emmène sa mère voir « une pièce française où l’amour finit mal »… On se passerait volontiers de ces allusions lourdes qui me donnaient surtout envie de m’écrier « Chère Isabelle, il suffisait de dire oui à Patrice Chéreau !.. »

Maxime a dit…

Tome II
Et Isabelle Adjani dans tout çà ? Je crois pouvoir mettre sur le compte du parfait entrainement de la Comédie-Française, qui pourtant remonte à loin, ce caractère de grande technicienne qui laisse peu d’air libre, on sent que tout est étudié, que la moindre intonation a fait l’objet d’une étude serrée et donc que ce que l’on entend, comme venu d’une partition musicale, doit être absolument identique d’une représentation à l’autre. Mais je dois bien reconnaître que c’est là une extrapolation puisque je n’ai vu qu’une seule représentation (matinée du dimanche 9 novembre, ce qui devait, si je ne me trompe, être seulement la septième). La maîtrise du geste, et surtout de la voix, est implacable et absolue. C’est déjà ce qui m’avait frappé dans Marie Stuart : la VOIX, cet instrument étrange sous-employé dans les films – me vient en contre-exemple le souvenir du magnifique et mélancolique Bon voyage, où l’actrice s’amusait dans un film que l’on entendait sans le voir à évoquer le parler des actrices des années quarante, précipité et suraigu comme chez une Danielle Darrieux…-cette voix qu’elle faisait lasse et chevrotante au début de la pièce puis méprisante, cassante, ironique, (et même chantante, donc) au fur et à mesure que l’altière reine condamnée reprenait du poil de la bête : on nous gratifiait même d’un prologue enregistré où s’exprimait Marie dans son enfance ! Dans Kinship, sujet contemporain, la « partition » existe quand même : les adjamoureux se pâmeront devant la petite tirade « Je suis dans la meeerde ! » dite deux fois (une en monologue et une avec la copine) sur des notes différentes mais toutes porteuses de sens sans pour autant nous perdre. J’avais envie d’applaudir en criant « chapeau l’artiste ! » mais il n’était pas question d’interrompre le spectacle. Au début j’ai eu peur : IA semblait parler comme dans sa cuisine, peu audible dans les scènes au journal avec leurs dialogues anodins. Comme par la suite, une fois l’amour né, elle descend dans les graves, ou projette avec force, j’ai compris qu’elle se réservait…
Donc les adjamoureux iront voir cette pièce et ils auront bien raison : l’occasion est trop rare de voir cette immense actrice dans son élément, avec le présent absolu du théâtre, se délectant à malaxer ces phrases quotidiennes, même si l’émotion (celle des spectateurs, pas celle des fans) reste en retrait.
Il faut dire que le spectacle n’est pas aidé par le décor ! Comme trop souvent dans le théâtre contemporain –et encore plus à l’opéra, puisque ce sont les mêmes metteurs en scène- le dispositif minimaliste se contente d’inévitables projections vidéo dans le fond d’un grand espace que ponctuent parfois quelques éléments de mobilier, pas trop, sans aucun doute pour laisser à l’imagination du spectateur le travail de combler tout ce vide comme elle l‘entend. La mienne, d’imagination, que je sais prolifique et prolixe, s’est vite lassée de la table de cuisine fatiguée qu’elle devait transfigurer, avec sa pauvre chaise assortie, tantôt en fort improbable bureau de rédactrice en chef, tantôt en table de restaurant, tantôt en terrasse d’appartement chic…

Mais qu’importent les quelques réserves alors que l’occasion est trop rare, etc… !

Inga a dit…

Mille emotions, trop fortes, trop intenses...Isabelle m'a profondement émue ... au nouveau...Elle était magique dans le clair de lune...

Donc je peux seulement conseiller à tous les fans: il faut absolument voir KINSHIP!!!

syllba a dit…

Grande déception. Mes craintes en voyant que le 2e etage du théâtre était fermé et le 1er seulement à moitié plein se sont hélas confirmées. Texte insipide, sans interêt. je n'ai pas cru un instant à cette supposée histoire d'amour et je n'ai ressenti aucune émotion. Les parallèles avec Phèdre sont ridicules. Pour la première fois depuis longtemps au théatre je me suis ennuyée et j'ai du lutter contre le sommeil. . Je n'ai pas retrouvé la sublime Isabelle de "la Dame aux Camélias" ou de "La dernière nuit pour Marie Stuart"

Timeless10 a dit…

Isabelle Adjani, jamais je n'aurai pensé la voir..Et là, avec Kinship, je touche au rêve.
Merci Melle Adjani, vous voir pleurer, rire, aimer à quelques mètres de moi, quel bonheur.
Vous êtes et resterez la plus grande, pour moi et d'autres(j'ai vu leur regard..).

Anonyme a dit…

Enfin ce samedi 3 décembre j'ai pu voir ce fameux Kinship.Apres avoir vu et aime "la dame aux camélias" et "Marie stuart" je suis allé voir cette pièce après les péripéties du mois d'octobre.Et bien j'ai beaucoup aime la mise en scène sobre mais efficace ,la musique très bien choisie et la complicité des acteurs sur scène . Le jeu d'Isabelle est d'une belle subtilité et comme toujours sa voix est admirable et l'éventail de ce rôle


superbe.certes le texte n'est pas exceptionnel mais j'ai aime voir Isabelle dans ce texte très contemporain.Phedre ou un autre classique ce sera l'année priochaine avec Luc Bondy a l'Odeon. La salle Bondée a fait une belle ovation à la pièce . comme c'était en matinée et qu'il y avait une représentation ce soir,Isabelle ne rencontrait pas le public après la pièce.Mais une hôtesse a porté l'affiche kinship a Isabelle qui m'a fait une gentille dédicace .Une belle ares midi et heureux de démarrer 2015 avec kinship,et le bonheur de retrouver l'immense Isabelle Adjani sur scène. fibu

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