24 octobre 2011

Isabelle Adjani : sa formation " de flic" pour De force

Isabelle Adjani devait se mettre dans la peau d’un flic. Michel Lepoix a guidé l’actrice. Ce Sénonais, ancien directeur de l’école de police de Sens et commissaire du XVIe arrondissement de Paris, a été conseiller technique sur le tournage du film De Force dont la sortie nationale est prévue mercredi.




À la demande de Frank Henry, ancien braqueur devenu réalisateur, le Sénonais Michel Lepoix a conseillé Isabelle Adjani et les autres acteurs du film De Force, pour qu'ils appréhendent mieux les techniques de la police judiciaire.


« Dire “Police” sur le bon ton »


Isabelle Adjani y incarne le commandant Clara Damico, chef de la brigade de répression du banditisme. Afin de mettre un terme à une série de braquages, elle fait sortir de prison Éric Cantona, alias Manuel Makarov, un bandit bien introduit dans le milieu.
« J’ai aidé Isabelle à adopter la bonne attitude, lors d’une intervention, raconte Michel Lepoix. À dire “Police” sur le bon ton. Dans le film, son personnage a un rapport particulier avec son adjoint. Elle lui parle comme s’il était son pote ce qui, dans la réalité, n’est pas invraisemblable. »

Avant le tournage, l’ancien commissaire avait organisé une rencontre au stand de tir de l’avenue Foch, à Paris. « Isabelle n’avait jamais tiré. Il a fallu lui apprendre à dominer le stress d’avoir une vraie arme dans les mains. Il arrive que des jeunes policiers aient les mêmes difficultés à l’école. »

« Frank connaît bien les armes »

Éric Cantona était un peu plus à l’aise, mais celui qui s’est révélé le meilleur tireur n’est autre que le réalisateur Frank Henry. Rien d’étonnant. Le quinquagénaire est une ancienne figure du banditisme qui, après plusieurs années derrière les barreaux, a décidé de passer derrière la caméra.
« Son truc à lui, c’était de braquer les banques et les casinos, poursuit Michel Lepoix. Il connaît bien les armes, mais il a tiré comme un ancien voyou. Il n’avait pas les gestes d’un policier. »
Les chemins des deux hommes se sont croisés pour la première fois, en 2004. Frank Henry sortait de prison. « Il était en libération conditionnelle, précise Michel Lepoix. La réalisatrice Évelyne Ragot me l’a présenté. Un peu plus tard, Frank m’a remis la première version du scénario de son film. »
Le talent et « la force de travail » de l’ancien bandit ont retenu son attention. « En prison, Frank a passé des diplômes. Sa réinsertion est une réussite, mais elle est due à sa personnalité hors du commun. Tous les voyous n’ont pas ses qualités. »
Sur le tournage, le réalisateur n’a pas suivi les conseils du policier à la lettre. « Des procédures ne collent pas à la réalité, estime Michel Lepoix. Frank m’a bien dit que De Force est un film sur les voyous, pas sur la police. »
L’ancien détenu s’est accordé quelques libertés, comme celle de proposer à Michel Lepoix d’incarner le ministre de l’Intérieur à l’écran. Le policier sourit : « Frank a beaucoup d’imagination... »



Estelle Dissay pour lyonne.fr



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