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19 janvier 2008

AAIA

Voilà un post (mail) que je garde dans mes tiroirs depuis un bon bout de temps ... J'aime conserver et regarder , lire ....admirer égoïstement des choses que vous m'envoyez ...C'est ainsi ...Puis un jour , je décide de les livrer car c'est le principe du blog : de mettre , de partager des documents...
Je sais qu'il y a beaucoup de gens qui lisent ce blog et qui ont lu l'AAIA ou même qui y ont participé.
Je voudrais rendre hommage à toutes ces personnes qui ont fait pendant des années un travail exemplaire et unique .
Je me suis demandé parfois ...euh souvent ...lol, ce qu'ils pensaient du blog ou du moins de la facilité actuelle à mettre des infos, et ce que eux en auraient fait ...
Martine que j'ai croisé sur le blog puis à Marigny en octobre 2006, a eu la gentillesse de contacter l'un d'eux et voici sa réponse ...



"Quand les choses doivent arriver, elles arrivent. Martine est un peu à l'origine de ce mail. Nous nous connaissons depuis l'époque de l'AAIA, dont j'ai fait partie de mars 1986 à la fin de cet éminent organisme. J''ai revu Martine en septembre dernier (2006) lorsque nous sommes allés voir Marie-Stuart. Je suis de la Haute-Vienne, j'aime Isabelle Adjani depuis 1983. Pour elle, j'ai écrit des articles dans Isastar, le bulletin de l'AAIA, des poèmes, certains en anglais, une grille de mots fléchés, réalisé des peintures à la gouache, à l'huile, ( voir certaines oeuvres sur mon site internet) découvert des gens auxquels je ne me serais pas intéréssé sans elle, rencontré des gens intéressants, etc... j'ai aussi participé à des Quitte ou Double d'RTL sur Isabelle. Je possède une bonne documentation. J'avais déjà repéré ton blog et j'y vais assez souvent, sans y intervenir. Mais comme Martine m'a dit que tu souhaitais entrer en contact avec des " anciens" de l'AAIA, ceux qui ont connu Isabelle K, Yves S, et les autres fondateurs, je me décide à sortir de l'ombre pour t'envoyer ce mail. Ci-dessous un des articles écrit pour Isastar

Regis

Site web: http://www.colorsofmymind.net/


Révélation!

Once upon a time, un jour...
Non !
Prétendre découvrir Isabelle Adjani serait par trop présomptueux. C’est plutôt elle qui s’impose à nous.
Non ! deux fois non...
Dire que j’ai découvert Isabelle Adjani un jour en particulier serait également une pure ineptie.
En réalité, Isabelle Yasmina Adjani s’est glissée dans ma vie sans hâte, avec légèreté, avec délicatesse, sans même que j’en aie conscience.
Militaire, à Toulouse, en février 1979, j’eus la chance de voir Nosferatu, fantôme de la nuit, de Werner Herzog, au cinéma ; Isabelle y était Lucy, diaphane, éthérée, intense, profondément liée par sa destinée de martyre purificateur. Mais l’heure n’était pas encore venue pour moi. J’étais encore aveugle au talent, et sourd à la puissance de jeu de cette actrice unique.
Au début des années quatre-vingt, un de mes amis avait déjà une préférence marquée pour Isabelle. Mes yeux n’étaient pas assez dessillés pour voir qu’il détenait une vérité qui échappait alors à ma non - perspicacité.
Adjani ! Lentement, les six pétales de ce nom magique faisaient leur chemin en moi. L’année 1984 allait enfin faire éclore ce bouton. Poussé par cet ami, je louais la vidéo de " Mortelle Randonnée ". Après être honteusement passé à coté de " l’Été meurtrier " et des Césars 84, j’encaissais le choc de plein fouet, par le biais de Lucy Brentano, Eve Granger, Catherine Leiris, Dorothée Ortiz et Charlotte Vincent, toutes incarnées par une Isabelle Adjani caméléon au sein d’un polar sans équivalent. J’étais mûr. " Antonieta ", " Driver ", suivirent ; cet itinéraire me fit découvrir ce que je savais déjà depuis 1979 mais que je m’étais refusé à reconnaître. Le coup de grâce vint de la vidéo de " l’Été meurtrier " que je regretterai toujours d’avoir loupé au cinéma. Ce film et la performance de Mlle Adjani me laissaient abasourdi ; je revoyais dans la foulée le film une seconde fois. Cette œuvre reste et restera à jamais l’une des quatre plus fortes et belles que j’aie vues de ma vie. J’étais pris dans la nasse, prisonnier, envoûté par la beauté, le mystère, le talent, la puissance d’une actrice pour laquelle je n’ai cessé, depuis lors, d’éprouver de plus en plus d’admiration, de tendresse, de respect. Le show de TF1, " Subway " (enfin je me déplaçais au cinéma, pour la voir), suivirent.
Vint l'A.A.I.A., à laquelle j’adhérai dès que j’eus vent de son existence, début 1986. L’intérêt d’Isabelle pour Camille Claudel, son passage chez le gentil Bruno Masure, accroissaient ma symbiose avec Isabelle. Le film de Bruno Nuytten le 10/12/88 fit tomber en lambeaux une barrière qui enfermait ma sensibilité et mon humanité sous une carapace. Depuis ce jour, je ne suis plus le même ; changé sur le plan émotionnel ; plus friable.
Depuis que je suis admirateur d’Isabelle, elle m’a inspiré dans divers domaines : photo, prose, peinture, poésie, grille de mots croisés, articles et textes en tous genres. Sans Isabelle, j’aurais continué de peindre, mais je ne me serais jamais lancé dans le portrait. Sans Isabelle, j’aurais continué d’écrire sans jamais concevoir de poèmes. Elle m’a conduit à m’intéresser à d’autres, m’a propulsé dans des directions que je ne soupçonnais pas et que je n’aurais jamais empruntées sans elle. (Les soeurs Brontë, Camille Claudel, l’écrivain Marc Behm, dont je lis tous les livres, la famille Hugo, Etty Hillesum, Paulho Coelho, Béatrice Saubin, le Tibet, Marguerite de Valois et son époque, la France du 16° siècle, même Anne Boleyn, Jeanne de Luynes, etc...
Je lui suis redevable de m’inspirer, de m’instruire, de m’apporter de la joie, de la douleur, de l’émotion, de la profondeur, de la tolérance, de l’ouverture d’esprit.
Je lui dois d’être devenu... Moi-même. La plus grande actrice depuis Sarah Bernhardt est aussi rare et précieuse qu’elle est exceptionnelle comme actrice, comme femme, et comme être humain. Jean-Loup Dabadie l’a dit : " Quand vous avez regardé Isabelle Adjani une fois, même inconnue, ou peu connue, ou méconnue, au début de votre vie, que vous soyez artiste ou pas, votre regard ne revient plus jamais en face : il est sur elle, à jamais. "
Aujourd’hui, comme l’a si parfaitement résumé l’une de mes amies, avec une implacable acuité psychologique : Isabelle habite mon âme.

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