2 août 2013

Femme des années 2010 - article intégral du paris Match

L'article de Paris match sur les 11 actrices d'homosapiennes est en ligne ...



Devant la caméra d'Audrey Dana, onze actrices françaises se jettent au visage la vie, l'amour, les chagrins et les sondages. Une comédie très instructives.



On se croirait aux César, une année faste. Glamour et palmarès étoffés sont au rendez-vous. Vanessa Paradis est arrivée la première, jean de cuir fin, chemisier blanc, queue-de-cheval et baskets Nike argentées. Isabelle Adjani, Marina Hands, Alice Taglioni, Sylvie Testud, Audrey Fleurot, Julie Ferrier et Alice Belaïdi ont déboulé dans la foulée de ce tournage top secret. Manquent à l’appel Géraldine Nakache et Laetitia Casta, qui débarqueront le soir, la seconde venue spécialement d’Italie, pour la photo de groupe. Ce casting de rêve est dirigé par Audrey Dana qui se trouve pour la première fois des deux côtés de la caméra.
Son film raconte comment le destin de onze femmes va déraper et basculer en l’espace de vingt-huit jours, le temps d’un cycle hormonal. « Ce cycle, c’est moi qui le symbolise dans l’histoire. J’ai mes règles au début et à la fin. Je suis une orthophoniste un peu hystérique, totalement connectée à ses hormones. » Quand elle n’est pas Jo, Audrey Dana orchestre avec finesse et humour la partition jouée par cette troupe de choc. Onze actrices réunies depuis quelques semaines pour explorer les rapports des femmes à l’amour, au sexe, à la vie -professionnelle, au couple et à la fidélité. Aucune n’en sortira indemne. Audrey Dana est sur tous les fronts. « Je fais tellement de choses en même temps qu’il m’est arrivé de crier “gros bisous !” au lieu de dire “action”. » Elle ne devait pas réaliser le film mais les producteurs ont préféré faire confiance à celle qui portait le projet depuis le début. « Audrey est en train d’apporter la réponse féminine aux “Infidèles”, explique Marc Missonnier. Sauf que ce n’est pas un film à sketchs, mais une histoire chorale. Toutes les actrices ont accepté de toucher le même cachet, qui n’a rien à voir avec leur tarif habituel. Elles ont dit oui en tant que femmes, parce que le propos résonnait en elles. »



Audrey Dana  « Almodovar nous a piqué le meilleur titre : “Femmes au bord de la crise de nerfs” »

A l’écran, cela pourrait bien s’appeler « Very Bad Girls ». « Almodovar nous a piqué le meilleur titre possible : “Femmes au bord de la crise de nerfs” », lance Audrey Dana. Tout un programme. Il est 13 heures. Loin en amont de la sortie du film, nous découvrons donc en exclusivité l’espace de 450 mètres carrés transformé en showroom de lingerie féminine, qui sera l’un des décors phares de l’histoire. Il y fait 35 °C. Les ventilateurs et la climatisation ont été arrêtés pour que le silence soit total. La discrétion de notre part doit l’être aussi, condition posée d’emblée par la réalisatrice : « Je leur demande des choses très intimes, très délicates. Nous allons tourner aujourd’hui une séquence de beuverie dans laquelle elles se lâchent, alors je me bats comme une mère louve pour qu’il n’y ait personne dans leur regard, pour qu’elles se sentent dans leur bulle. S’il vous plaît, ne leur disons pas que vous êtes là. »



 « La vie c’est quand même plus paradoxal que la salope ou la bonne copine… »

Vanessa Paradis sort un ventilateur de poche, aère son visage puis celui d’Isabelle Adjani. Elle incarne une chef d’entreprise qui, accro du boulot et en panne d’amis, reste sous le coup des déclarations stupéfiantes de son médecin : « Vous êtes une femme de tête, c’est bien connu que les femmes qui réussissent ont un fort taux de testostérone. » De quoi filer des vapeurs. Julie Ferrier et Marina Hands ont sorti les éventails. Sylvie Testud et Alice Belaïdi échangent à voix basse. Toutes restent concentrées.
Audrey Dana vérifie quelques détails techniques avant de raconter en quelques phrases la genèse du projet, tout en couvant des yeux son plateau : « L’idée, c’est de casser les jambes au mythe de la femme française. Je schématise mais, en gros, dans les comédies qu’on propose aux actrices, tu joues soit la salope, soit la bonne copine. La vie, c’est quand même plus paradoxal ou nuancé que ça ! Tout le monde m’avait parlé du film “Mes meilleures amies” comme d’une référence. Quand je l’ai vu, je me suis dit : “Super, mais est-ce qu’on ne pourrait pas pousser le curseur un peu plus loin ?” Par rapport à ce qu’on vit de profondément tragi-comique dans le bordel sans nom de nos existences de femmes, on était loin du compte. J’avais envie d’une bande de meufs qui sortent de la rivalité pour communier. Pour cette raison, je ne pouvais pas choisir des actrices “actrices” dans le sens péjoratif du terme, c’est-à-dire chiantes, difficiles à gérer. A celles que j’ai désirées, j’ai proposé des rôles de composition qu’on ne leur avait jamais offerts. Nous avons tout construit ensemble. »
Sur le plateau, où la lumière est revenue, on enchaîne les répétitions et les scènes. Audrey se lève pour reprendre le fil du tournage et crie à ses actrices : «Je vais envoyer quelqu’un vous acheter des glaces. » Hurlements de joie de huit gamines complices et heureuses d’être là, de se marrer et de bosser dur ensemble. Audrey Dana rayonne, tout roule. Sur l’exemplaire du scénario qui ne la quitte jamais, elle a écrit cette phrase de Proust : « Ce qu’il y a d’admirable dans le bonheur des autres, c’est qu’on y croit. » Eh bien ! nous aussi, mais ce bonheur-ci a l’air tout à fait véritable


 
 
 
Photos Riccardo Tinelli
Article Ghislain Lostalot
 
Merci à J Luc pour le lien

2 commentaires:

Inga a dit…

...et le bonheur pour nous de voir cet ensemble formidable!

Cécile a dit…

Très excitée par ce film !
A noter : une nouvelle photo du casting d'Homosapiennes dans le "ELLE" de la semaine (Inès de la Fressange en couv ; pas encore pu me le procurer).

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