25 novembre 2010

France soir : Adjani, l'engagement d'une insoumise





Poignante dans La Journée de la jupe, pour lequel elle avait reçu le cinquième César de sa carrière, la star combat aujourd’hui dans la vraie vie aux côtés de Ni putes, ni soumises.






« Quand on croit à quelque chose et que l’on est rejoint, c’est très bouleversant. » Soudain, des larmes ont fait briller son regard bleu marine. Le souffle un peu court, Isabelle Adjani serre contre sa poitrine le cinquième César de sa carrière, décroché pour son rôle poignant dans La Journée de la jupe, en 2010. « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous », écrivait Eluard. Et ce rôle au cinéma est peut-être l’apogée du combat d’Adjani pour dénoncer les violences faites aux femmes.

« Isabelle, c’est une insoumise, une rebelle qui se donne à fond. Elle ne fait pas ça pour la façade », lâche un de ses proches amis. En août, l’actrice s’indignait du sort réservé à Sakineh, une Iranienne condamnée à « la lapidation pour adultère », en lui adressant une lettre émouvante. « Celle qui vous écrit n’est qu’une actrice française dont la vocation artistique tente de prendre sur elle […] les failles et les tourments d’héroïnes souvent tragiques. Elle n’est que l’infime prolongement du "fragment de notre destinée de femme" que vous représentez et de votre refus de ce « savoir mourir » imposé par ceux qui s’obsèdent […] à vouloir liquider la magnificence de votre dignité. »

La jupe pour résister

Très naturellement, Isabelle Adjani vient d’accepter de s’engager auprès du mouvement Ni putes, ni soumises. « Je ne pouvais pas garder les lèvres serrées, affirme-t-elle dans le dernier numéro d’Elle. Le fléau des violences faites aux femmes doit être un débat ouvert. » Dans l’hebdomadaire, elle concède que « les campagnes d’information permettent de briser le silence […] mais n’ont pas le pouvoir de transformer les comportements. » La star préconise plutôt de s’adresser directement aux agresseurs. « Les mentalités individuelles, la loi du silence, le manque de structures d’accueil des victimes… Il y a encore beaucoup de travail à faire en termes de mobilisation tant au niveau de la société que des politiques », note-t-elle encore. « Certaines femmes se murent dans le silence comme Antigone a choisi d’être emmurée vivante. Et cela, c’est une vraie tragédie. » Véritable anti-burqa, la jupe serait peut-être le dernier rempart de la résistance. Tout un symbole porté avec conviction et majesté par une star qui porte en elle la souffrance des femmes.


Loïc Torino-Gilles
 
Merci à Niels

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