20 avril 2010

Film du mois pour PREMIERE

Lhistoire : Serge Pilardosse (quelle trouvaille, ce nom digne de Grolande magazine !), 60 ans, a le bourdon : son pot de départ à la retraite dans un abattoirs à cochons a ressemblé à un enterrement, et il va se retrouver avec bobonne sur le dos en permanence. Madame, en furetant dans les papiers,constate d’ailleurs qu’il manque des points de retraite à Serge. Ni une ni deux,ce dernie renfourche sa moto pour retrouver les 16 employeurs qui ont oublié de le déclarer tout au long de sa carrière...

L’avis : ( 3 étoiles) Premiers films surréalistes et confidentiels (Aaltra et Avida), Gustave Kervern et Benoît Delépine se sont orientés vers un cinéma plus traditionnel avec Louise Michel, qui a connu un joli succès
(400 000 entrées). Emmenés par le poids lourd Depardieu (magnifiquement touchant en vieux lion bouffi dont la crinière blonde ondulée évoque le Mickey Rourke de the Wrestler) et la diva Adjani (énigmatique apparition Bunuelienne d’une mort annoncée),mammuth confirme l’aura grandissante des deux cinéastes “grolandais, qui ne se renient pas pour autant: chez ses porte-parole de la<< France d’en bas>>, ces chantres de l’anti -”bling-bling”, les patrons, les femmes fatales et les brutes épaisses sont détrônées par les médiocres au coeur tendre, les fantômes de jeunesse et les handicapés rêveurs. Avec leur sens de l’observation décalée Kervern et Delépine brossent le portrait rabelaisiens de laissés-pour-compte et filment quelques morceaux de bravoure, tel cet hommage dingo à 1900 de Bertolucci, instantanément culte. Mais mammuth titre qui fait référence à une moto allemande mythique, la Munch mammut 1972 équipée d’un moteur de voiture et que pilote Serge Pilardosse ne se réduit cependant pas à des vignettes trash et à une critique en règle du capitalisme. Preuve de la maturité du duo, l’émotion et la poésie paraissent moins plaquées et artificielle que d’ordinaire. La vision du couple incarné par Gérard Depardieu et Yolande Moreau, de son usure mais aussi de son exemplarité, aussi déconnante et réaliste soit-elle, traduit ainsi un désir d’exprimer des choses importantes sans se la raconter. Personnage Kaurismäkien en diable anonyme, digne et aussi fataliste, Serge pilardosse, lui, fait sa révolution en croisant la route d’une femme enfant doublée d’une artiste à la vision puissante. Elle est incarnée par l’étonnante Miss Ming, une poétesse hollandaise dans son quasi- propre rôle.Outre leur tendresse et leur naturalisme poétique désarmants, les scènes qu’ils partagent sont révélatrices de l’humanité du héros, d’un coût réconcilié avec lui-même et qui se découvre des talents d’orateur :” je sais que désormais, mon seul travail et d’aimer comme une dernière bataille.”
Long-métrage politique, road movie anar, farce d’art et d’essai, mammuth peut dérouter. Il n’empêche.
Dans le paysage cinématographique français trop souvent conventionnel, Pierre Vernes et de Lépine font
figure de poil à gratter, de provocateur “agitrop” .Ce sontles José Bové de la péloche, les Siné( qui tient là
un petit rôle) du clap, les Salvador Dali du montage. Des spécimens d’un bois rare. Une espèce protégée,
tout comme Serge pilardosse, mammouth prolo en voie d’extinction. Banzaï !
CN

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