
Arte aime Isabelle Adjani, puisqu'après nous avoir offert le 25 mars dernier
La journée de la jupe, puis en aout dernier
L'été meurtrier c'est au tour de ce superbe polar :
Mortelle randonnée, d'être à l'affiche de cette soirée thématique "La paloma, Adieu".
Programme de la soirée du 18 octobre sur Arte Une distribution hors pair (Michel Serrault, Isabelle Adjani, Guy Marchand, Jean-Claude Brialy...), des dialogues admirables ciselés par Michel Audiard, pour cette oeuvre vénéneuse et crépusculaire signée Claude Miller.
20:35 Mortelle randonnée, durée 96 min (rediffusion le 19.10 à 1h00 du matin)
L'oeil est détective privé à l'agence européenne Surveillance. Quand il n'est pas en filature, il passe le plus clair de son temps à contempler une photo où pose sa fille en écolière, une enfant qu'il n'a jamais revue depuis que sa femme l'a quitté. La gérante de l'agence le lance sur une affaire apparemment banale. Des parents voudraient des renseignements sur la petite amie de leur fils, une certaine Lucie Brentano. Rapidement, l'oeil comprend que la jeune femme est une meurtrière et qu'elle ne s'appelle pas Lucie. D'étranges relations de père à fille s'établissent entre le détective et la criminelle - qui, après chacun de ses meurtres, écoute la chanson "La paloma". Témoin des assassinats que commet la jeune femme, l'oeil la suit de ville en ville, sans la dénoncer... Film fantasmatique et halluciné, Mortelle randonnée raconte l'histoire d'un homme qui s'invente une fille, substitut de la sienne, morte. Dans son rôle de personnage qui pousse l'obsession jusqu'à la déraison, Michel Serrault est remarquable d'ambiguïté.
Critique télé 7 jours :
7777 : Une magnifique adaptation du roman de Marc Behm. Polar métaphysique, ode à un amour fou et impossible. Serrault et Adjani y sont remarquables.
Critique nouvelobs :
*** Certains, parmi les émules de Truffaut, aiment les beaux films malades, désignant par ces mots les oeuvres qui n'atteignent pas tout à fait leur but, en général parce qu'elles relevaient d'une ambition trop radicale pour ne pas souffrir des conditions de production. On tient souvent «Mortelle Randonnée» pour un de ces films en souffrance, qui n'a pas trouvé à sa sortie les spectateurs qu'il méritait. En réalité, ce quatrième film de Claude Miller est depuis longtemps réhabilité par le public de la télévision, qui le salue à chaque reprise. C'est dire que les amours étranges de Serrault, détective privé qui s'éprend d'Adjani, la mystérieuse voleuse qu'il est chargé de poursuivre, relèvent désormais du film-culte.
Produit par Charles Gassot, qui avait décidé d'investir dans le long-métrage l'argent gagné dans le cinéma de publicité, «Mortelle Randonnée» renouvelle et prolonge le tandem de «Garde à vue», dans lequel Miller, alors jeune cinéaste auteur, se pliait aux impératifs du classicisme pour creuser le portrait d'un suspect complexe, Michel Serrault. Tous deux s'entendent ici à bousculer la tradition en faisant semblant de la prolonger, et «Mortelle Randonnée», par sa complexité, ses zones d'ombre, le sentiment de culpabilité qui ronge le détective autant que la coupable, a sonné le glas du policier traditionnel. On regrettera peut-être que le scénario d'Audiard ne mette pratiquement pas en présence Adjani et Serrault. Mais telle est la loi de la chasse, où le chasseur ne touche qu'une seule fois son gibier, et toujours pour le pire.
Alain Riou
22:15 La paloma ,documentaire,durée : 88 min , redifussion le 26.10 à 9h55Twist ou reggae, chant de marin ou protest song, il existe au moins deux mille versions différentes de la célèbre colombe. Voyage autour du monde pour comprendre le phénomène.
Il y a deux siècles naissait Sebastián Iradier. Ce Basque espagnol a composé l'une des rengaines les plus célèbres au monde, "La paloma". Une colombe pour symboliser la paix, l'amour et la nostalgie de l'exil. Ce message universel a fait vibrer la planète. Luciano Pavarotti, Placido Domingo, Maria Callas, Arno, Mireille Mathieu, Nana Mouskouri, Luis Mariano, Elvis Presley, Joan Baez... : sont les interprètes les plus prestigieux à avoir repris cet air dont la naissance remonterait à 1863. Des traductions circulèrent à partir de 1865. Le musicien allemand Kalle Laar dénombre deux mille versions de cet air, mais pense qu'il pourrait en exister le double ! Il a déjà édité quatre CD de cette colombe dans tous ses états. Si "La paloma" était au départ une habanera - Iradier l'aurait composée à La Havane -, elle a épousé les genres les plus divers : tango, marche, twist ou reggae. On raconte que l'empereur Maximilien du Mexique demanda à l'entendre au moment de son exécution. En Espagne et à Cuba, elle reste une valeur sûre. Au Mexique, elle est parfois devenue protest song. À Zanzibar, elle accompagne les mariages et, en Roumanie... les enterrements. En Allemagne, elle s'est muée en un chant de marin. Mais sous le IIIe Reich, la version un peu "éméchée" qu'en donna le chanteur Hans Albers, célèbre outre-Rhin, fut interdite par Goebbels.
23:45 La paloma ,film de Paul Martin durée :79 min, redif le 25.10 à 3h 00 du matinDeux salles se disputent la même vedette pour interpréter "La paloma". Un délicieux moment de divertissement, avec Louis Armstrong en guest star.
Deux théâtres de variétés allemands qui veulent monter une comédie musicale autour de "La paloma" ont jeté leur dévolu sur la même chanteuse. Une lutte sans merci s'engage entre les directeurs des deux salles. Un savoureux cocktail d'imbroglios amoureux, de quiproquos et de querelles jusqu'à l'incontournable happy end, avec, en prime, la participation de Louis Armstrong.
Petite pensée à Tazyzas, Emma , fans de ce film ! ;-)