3 juin 2009

"Je me sens libre de vivre ma vie" Gala 834

Isabelle
Adjani
Je me sens libre de vivre ma vie



Extrait du gala 834 du 1er au 7 juin




Gala : On vous a vue remettre la caméra d'or à Cannes, vous avez l'air d'aller très bien ...

IA : Oui.. Très. Et j'étais très heureuse de remettre ce prix. Gilles Jacob a toujours eu une affection très paternelle pour moi, qui vient, je pense, de l'époque d'Adèle H de Truffaut. On s'est rencontrés à ce moment -là.

Gala : Une invitation qui arrive juste après le succès de La journée de la jupe...

I.A. : Le festival a toujours beaucoup d'élégance envers les acteurs et de respect pour leur carrière. Il ne s'arrête pas au dernier film à la mode qui a fait tant d'entrées pour vous inviter. En tout cas, en ce qui me concerne, il y a toujours eu fidélité.

Gala : Pourtant , vous êtes une actrice qui répond souvent absente à l'appel !

I.A. : J'ai toujours été très absorbée par ma famille et la volonté de réussir ma vie, même indépendamment du cinéma. D'aillleurs, ce choix m'en a fait sacrifier des propositions !

Gala : Voilà pourquoi vous avez une place à part, unique dans ce milieu -voire au-delà. Deux choses vous caractérisent. La première, c'est que vous êtes une femme de conviction qu'on n'achète pas. On a pu le vérifier en 2002, quand le milliardaire algérien Rafik Khalifa s'était payée toutes les stars de la planète, vous avez été la seule à dire non...

I.A. : Je ne me suis jamais exprimée là-dessus... C'est vrai que j'ai été plus que sollicitée , mais j'ai trouvé très suspect tout cet argent offert aux uns et aux autres, cette façon d'acheter les artistes, comme s'ils constituaient des lots. Je trouvais ça décadent. Et insultant.

Gala : La deuxième chose, vous avez toujours placé l'amour au coeur de votre vie. Quitte à lui sacrifier votre carrière, comme ce fut le cas à l'époque où vous viviez avec Daniel Day-Lewis...

I.A. : C'est vrai. D'ailleurs, quand on me demandait ce que je faisais, je répondais : "J'aime."

Gala : Après 5 ans, vous venez de vous séparer de votre compagnon Stéphane Delajoux. Quelle genre de relation vous unissait tous les deux ?

I.A. : Je ne peux pas répondre. Je trouverais déplacé de m'exprimer sur quelqu'un qui fait partie d'une profession où la discrétion est déontologique . J'ai trop de respect pour le fonctionnement du corps médical.



Gala : Mais pourquoi est-ce si compliqué ? Pourquoi tant de femmes aujourd'hui se retrouvent seules, chefs de famille ? Qu'est-ce qui ne marche pas ?

I.A. : "Quelqu'un qui vous aime, c'est quelqu'un qui vous veut du bien"... J'aime cette phrase de Sagan, je la répète souvent. Le couple comme on dit en anglais, "it"s a hard work", c'est du boulot ! Il faut l'accepter et il faut le faire ensemble. Une relation, ce n'est pas une chose qui s'épanouit toute seule. Au début oui, mais après il faut surveiller la plante, il faut la garder vivante, ne pas oublier de l'entretenir, de la protéger...

Gala : Vous aimez la vie à deux , vous vous y sentez bien ?

I.A. : Je crois qu'on se sent bien certains jours et moins bien d'autres... Mais seule, je sais aussi être bien. Vraiment bien.

Gala : N'attendez vous pas trop de l'autre ?

Je ne pense pas, non... Il est vrai que les femmes surtout sont souvent carencées affectivement par des inscrriptions très anciennes , ça commence avec papa et cela peut prendre toute une vie pour réparer ça. Mais l'important pour moi, c'est de passer de la dépendance qu'induisent certains symptômes-recherche d'amour inconditionnel, de protection - au désir. Et j'y travaille avec entrain. Arriver à "pschit", s'alléger, se libérer, se délivrer. Je pense qu'alors, on peut avoir une vie amoureuse extraordinaire.

Gala : Etes-vous passée du côté du désir ?

I.A. : Comme je vous l'ai dit : j'y travaille avec entrain... Et c'est en train !

Gala : Qu'est-ce qui est le plus difficile dans une rupture ?

I.A. : Quand on est une actrice célèbre, certains médias ! Mais toute rupture est le début de quelque chose d'autre. Car, quand on est en conscience, quand on sait et comprend ce qui se passe, même s'il y a un passage qui peut être déstabilisant, on est capable de transformation, de renouvellement.

Gala : Etes-vous quelqu'un de loyal en amour ?

I.A. : Intégralement. Je suis entière. Cependant, je ne suis pas si certaine que ce soit ce qu'il y a de plus sexy pour les hommes !

Gala : Vous avez été la première, il y a quelques années, à briser un tabou en parlant de l'infidélité. Beaucoup de femmes préfèrent fermer les yeux pour garder l'autre, vous vous y refusez toujours ?

I.A. : J'ai souvent observé que tout peut toujours se passer dans un couple, mais tout dépend de la façon dont cela se passe...

Gala : Le personnage d'Adjani, la star, ne prend-il pas trop de place ?

I.A. : C'est une réalité de mon existence que je refuse de prendre en compte dans ma vie personnelle,alors je ne fais pas exister cet artifice et n'imagine pas que cela puisse représenter une charge. Après, on ne peut pas empêcher l'autre d'y penser...

Gala : Pourquoi ne vous êtes vous jamais mariée ?

I.A. : Je ne sais pas... Les demandes n'ont jamais manqué mais... Peut-être parce que mon chemin de vie en numérologie est 1 ? (Elle rit.) Plus sérieusement, j'ai mis du temps à me libérer de l'appartenance à mon père... En tout cas, mainntenant j'en ai très envie. Sans doute parce que je me sens beaucoup plus légère, avec une envie de vie, de travail....Une folle envie de tout .

Gala : Votre fils, Gabriel Kane, a pris récemment la décision d'aller rejoindre son père. Comment avez-vous réagi ?

I.A. C'est toujours un choc quand votre enfant vous annonce une telle décision. Mais il m'a dit les choses très clairement, m'a expliqué que la jeunesse durait 18 ans, qu'il en avait passé 14 avec moi et que les 4 autres, il souhaitait les passer avec son père. Alors, j'ai dit OK. Et puis, j'ai fait la mère éplorée, à l'orientale, toute une journée, complètement dévastée par le chagrin d'imaginer que je n'allais plus voir mon fils tous les jours. Le lendemain seulement, je me suis dit : c'est génial car il vient d'avoir 14 ans et je crois que c'est un âge charnière, délicat, où un garçon a vraiment besoin de son père, et Daniel Day-Lewis est génial avec lui- c'est précieux pour une maman. Au passage, quel cadeau incroyable il me fait en m'offrant la liberté d'enchaîner les films cette année !

Gala : A quoi dites vous oui tout de suite aujourd'hui ?

I.A. : A un film, un voyage qui me plaît, des soirées, car je ne sortais plus... Je me sens libre de vivre ma vie.

Gala : A un homme qui vous plaît ?

I.A. : En tout cas, je ne réponds plus non à ce qui me plaît !

propos recueillis par Jeanne Bordes
Photos Gérard Giaume

2 commentaires:

Anonyme a dit…

encore des problèmes de connexion entre autre,mais je persiste,j'insiste..donc merci d'avoir tapé toute cette intw de tes petites mains,moi qui déteste le clavier...mais je suis obstinée à te remercier!!!en tout cas IA positive et combative,libre, sans être pscho-rigide,de belles années en perspective,et l'art et l'humanisme ,une source d'eau-vive!a

fredjani a dit…

Tu veux dire mes grands doigts ...lol, ben c'est gentil mais tu n'as pas besoin de me remercier à chaque post....je vais rouge comme une pivoine à force de lire tes compliments.
Merci beaucoup pour tes remerciements et ta fidélité

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